Résumé |
Matériaux
de cathode MnO2 g et LixMnO2
g
Les générateurs électrochimiques connaissent à
l’heure actuelle un intérêt considérable compte tenu
de l’utilisation croissante des appareils utilisant des sources d’énergie
autonomes. Les batteries au lithium, qui présentent une durée
de vie importante et permettent d’obtenir des densités d’énergie
bien plus élevées que les systèmes salins ou classiques,
font l’objet de recherches particulièrement développées.
Les oxydes de manganèse, peu coûteux et non toxiques, apparaissent
parmi les composés les plus intéressants comme matériaux
de positive dans ces batteries et en particulier la phase MnO2 g.
Cette phase montre une remarquable capacité (200mAh/g), mais les
résultats de cyclabilité, présentés dans la
littérature, sont très controversés du fait de l’absence
de caractérisation structurale précise des composés
étudiés.
Le travail présenté au cours de ma thèse a concerné
la synthèse, la caractérisation structurale et physico-chimique
des MnO2 g et LixMnO2
g et l'étude de l'influence de
leurs paramètres structuraux et physico-chimiques sur l'insertion
électrochimique du lithium.
Les MnO2 g sont habituellement
préparés par électrodéposition anodique à
forte densité de courant à partir de solutions bouillantes
de MnSO4. Leur structure consiste en une intercroissance aléatoire
de pyrolusite (taux Pr) dans la structure ramsdellite, comportant un taux
de micromâclage Mt (Figure I). En conséquence, leur caractérisation
structurale n'est possible que via la simulation des diagrammes de poudre.
Afin de disposer d'une large gamme de MnO2 g
, des conditions variées ont été mises en oeuvre (concentration
en MnSO4, courant constant ou potentiel constant, balayage de
potentiel ou de courant, température de déshydratation).
Elles permettent d'accéder à des MnO2 g
présentant des paramètres structuraux inusuels..
Figure 1: Schéma montrant la structure MnO2g:
(a) intercroissance aléatoire de défauts de ty
pe pyrolusite dans la structure ramsdellite, (b) micromâclage
dans la Ramsdellite.
L'insertion électrochimique du lithium dans les MnO2 g
correspond à un mécanisme biphasé conduisant aux composés
LixMnO2 g . L'analyse
des courbes électrochimiques d'échantillons variés,
a permis de mettre en évidence un processus d'intercalation de type
nucléation-croissance et des corrélations entre les paramètres
structuraux et physico-chimiques et la cinétique de transformation.
Les MnO2 g à fort Pr sont
les composés qui subissent les plus importantes modifications. Des
caractérisations par RMN du lithium et METHR confirment ces résultats.
L'étude électrochimique des phases LixMnO2
obtenues montrent qu'elles intercallent réversiblement le lithium
en deux étapes, une fraction du lithium restant piégée
dans la structure. Les capacités spécifiques les plus élevées
sont obtenues pour les composés issus des MnO2 g
les plus oxydés, et à faibles taux Pr et Mt.
Mécanisme d'intercalation du lithium dans le
matériaux d'anode Li4Ti5O12
Dans le cadre d’une collaboration, j’ai été amené,
au cours de ma thèse, à travailler sur le composé
Li4Ti5O12. Ce matériau, connu pour
intercaler 3 Li/unité formulaire à un potentiel de 1,55V/Li,
peut-être utilisé comme matériau de négative
pour batteries de type lithium-ion à 2V. Les études antérieures
de diffraction des RX et électrochimiques en mode galvano-statique
ne permettaient pas d’obtenir d’information sur le mécanisme d’insertion.
Des mesures de potentiel en circuit ouvert, de voltammétrie cyclique
et de chrono-ampérométrie ont été réalisées
et nous ont permis de mettre en évidence un mécanisme d’insertion
de type biphasé avec une cinétique rapide. La voltammétrie
cyclique associée à la chrono-ampérométrie
a montré que:
- la première insertion est un mécanisme de type
nucléation-croissance correspondant à une sorte de "mise
en forme" du matériau,
- le mécanisme d’intercalation est homogène au cours
des premiers cycles,
- puis un mécanisme d’intercalation plus complexe impliquant
deux systèmes biphasés avec différentes cinétiques
est détecté après plusieurs cycles.
La figure réprésentant une courbe Intensité-Potentiel,
obtenue à partir d’une expérience en voltammétrie
cyclique, illustre la complexité du mécanisme d’intercalation du
lithium dans Li4Ti5O12 au cours du cyclage.
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Figure II: Evolution des courbes d’intensité-potentiel
avec le nombre de cycles. La vitesse de balayage était de
5mV/0.581h.
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